Depuis le 9/12/1988, la médina de Kairouan a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial par la commission de l’UNESCO en répondant à 5 sur les six critères d’évaluation.
Les silos forment une partie considérable de la superficie totale. La Médina de Kairouan constitue un véritable musée vivant d’art et d’architecture arabo-musulmane par ses monuments (un peu plus d’une centaine), ses souks, ses maisons et ses ruelles qui restent encore un éloquent témoignage de son prestigieux passé. Elle couvre une superficie de 54 ha. Ses faubourgs s'étalent sur 18ha. La ville se distingue par ses rues étroites et sinueuses, mais le tracé des faubourgs est plus rectiligne et moins maladroit .La densité de la population est de l'ordre de 145 habitants/ha et la superficie moyenne des demeures kairouanaises atteint 285m2, la cour centrale dépasse le 1/5.L'approvisionnement et l'emmagasinage constituaient un élément capital de sa vie quotidienne.
Les monuments les plus prestigieux sont :
 
La Grande Mosquée Sidi Oqba
Construit en l’an 670 ap. J.C. par Oqba Ibn Nafaâ, fondateur de Kairouan, la Grande Mosquée de Kairouan fut complètement réaménagé au début du IXème s. Elle est considérée comme le plus ancien et le plus prestigieux édifice religieux de l’occident musulman. Par la diversité de ses formes architecturales, le riche répertoire des motifs ornementaux, par son Minaret son Mihrab (IXème s), son Minbar (milieu du IXème s), sa Maqsoura (début du XIème), La Grande Mosquée de Kairouan est considérée comme un important musée d’art et d’architecture islamique. Il compte également parmi les plus riches musées de colonnes et de chapiteaux antiques du monde.
 
Le mausolée Abu Zam’a Al Balawi (Sidi Sahbi)
Ce mausolée abrite le tombeau d’un illustre personnage, Abu Zam’a Al Balawi, un des compagnons du prophète. Cet édifice se présente comme un agréable complexe architectural dont les éléments les plus caractéristiques sont le mausolée, la coupole et la cour qui sont l’œuvre du Bey Mouradite Hammouda Pacha (1665 J.C.). Ce complexe architectural joue un rôle socioculturel prépondérant.
 
Le mausolée Sidi Abid Al-Ghariani
Construit au XIVème siècle J.C la zaouia de Sidi Abid présente trois ensembles d’édifices : le mausolée abritant le tombeau de Sidi Abid, l’oratoire et la cour et la médersa. Elle se distingue par son style hispano-mauresque et comporte plusieurs éléments de décor, colonnes ornées de bagues, coupole à étage, plafonds peints. Restauré au cours de la dernière décennie, cette zaouia abrite actuellement le siège de l’ASM Kairouan.
 
Le mausolée Sidi Amor Abada
Construit en 1872, il s’agit d’un vaste ensemble architectural caractérisé par ces sept coupoles sur trompes. Cette zaouia abrite le tombeau de Sidi Amor Abada, maître forgeron. C’est un personnage hors du commun, énigmatique d’une étonnante force de caractère et de foi, excessif de puissance et de grandeur. Il jouit d’une grande notoriété dans la région, les kairouanais le vénèrent et le craignent à la fois. La grande salle de cette zaouia a été aménagée en un musée présentant les objets appartenant à Sidi Amor Abada.
 
Bir Barrouta
Abrité par un édifice d’une grande valeur architectural, ce puits est considéré comme l’un des plus anciens puits de Kairouan (796 ap.J.C). La légende dit « que l’eau de ce puits communique avec l’eau du puits de Bir Zem-Zem, le célèbre puits sacré de la Mecque ».
 
Les bassins des aghlabides
Ils constituent le plus ancien ensemble hydraulique dans le monde musulman. Au cours du IXème siècle, la ville a été pourvue de plusieurs bassins et réservoirs d’eau dont subsiste un ensemble grandiose se composant de trois éléments qui couvrent une superficie de 11 000 m2 et qui ont une contenance de 53 000 m3 d’eau : le grand bassin, le petit bassin et les citernes. Les bassins des aghlabites séduisent par leur majesté et leur sobre splendeur. Ils étonnent par l’admirable maîtrise des techniques hydrauliques et enchantent par l’élégance du style et l’harmonie des formes architecturales.   
 
La mosquée des Trois Portes        
Parmi les mesjeds et oratoires de quartiers, la mosquée d’Ibn Khayrun dite des trois portes est l’un des rares édifices à avoir conservé son aspect architectural et surtout sa très belle façade en pierre sculptée d’époque aghlabide (milieu du IXème s) qui résume tout le répertoire décoratif kairouanais.
 
Les remparts.
Kairouan se dota d’une première enceinte en pisée en 762-763 J.C. L’enceinte de Kairouan va être construite et reconstruite plus de 7 fois. Ce n’est qu’en 1756-1772 que les souverains Husseinites vont reconstruire les remparts que nous voyons aujourd’hui. Longs de plus de 3,8 km et hauts de 4 à 8m, ces murs ont 2,7m de largeur. Ils sont munis d’un chemin de ronde de 1,50m de large. Ces remparts s’ouvrent sur plusieurs portes notamment Bab Tunis, Bab al-Jalladines, Bab al-Jadid et Bab al-Khukha. Ces portes datent de 1772.
 
 
APPROCHE ET POLITIQUE DE SAUVEGARDE.
Une stratégie fut établie depuis le début des années 70. Elle part du fait que Kairouan constitue un ensemble architectural et urbain qui s'est perpétué depuis plus de mille ans et a gardé un caractère relativement figé qui a pu résister aux défis des temps. Il s'agit de lui assurer une certaine pérennité et de sauvegarder son authenticité sans pour autant nuire à l'épanouissement de l'être. Notre approche de conservation a commencé par favoriser la restauration des édifices historiques et archéologiques, qui ont fait la réputation de Kairouan; la Grande Mosquée, Mosquée des trois portes, les Bassins. Puis dans une seconde étape, on s'est intéressé aux remparts qui constituent le cordon sanitaire qui permet à la médina de résister à la poussée de l'urbanisation moderne.
Une troisième étape fut consacrée au réaménagement des monuments dont la fonction est tombée en désuétude. Ils furent restaurés réhabilitées et réaffectés. Parmi ces projets on distingue surtout :
-La Restauration du mausolée de Sidi Amor Abada transformé en Musée des art et traditions populaires.
-La Restauration de Sidi Abid devenu siège de l'A.S.M.
-La Restauration du Caravansérail de Barrouta devenu centre des métiers 
Artisanaux.
-La Restauration de la Medrasa Husseinite devenue la circonscription municipale de la médina.
-La restauration de la Medrasa al-Balawiyya aménagée en Mosquée et en bibliothèque publique.
-La Restauration de Sidi Kedidi, aménagé en centre pour sourds-muets. Parallèlement un grand effort a été fourni pour la restauration des souks
 (Souk des citernes, maddasine, Attarine...) afin d'assurer une certaine vitalité économique et sociale au sein de la médina. Cette dynamique a entraîné un phénomène de prise de conscience de la part des citoyens de la valeur historique et architecturale de la ville et leur participation à l'oeuvre de sauvegarde est de plus en plus remarquée.
Actuellement on aborde la quatrième étape qui consiste à œuvrer à la conservation de tout le tissu urbain de la médina (habitations, artères, sabbat…) afin de préserver la vocation universelle de cette ville glorieuse.